PIGMENTS



A l’occasion d’Art Saint-Germain-des-Prés 2017, Aborigène Galerie propose de découvrir la vitalité créative de l’art aborigène contemporain, dont la modernité s’enracine dans une tradition quarante fois millénaire. L’exposition “Pigments” présente des œuvres d’artistes reconnus sur la scène internationale dont plusieurs sont exposés au Musée du Quai Branly, comme Sally Gabori, Paddy Bedford et John Mawurndjul. Les premières traces de l’art aborigène australien remontent à 40.000 ans. Les artistes contemporains sont ainsi les héritiers de la plus ancienne tradition picturale du monde. Celle-ci puise son inspiration dans le Tjukurrpa, le “Temps du rêve”, ce grand récit des origines qui retrace l’histoire de la création de chaque parcelle du territoire et de l’instauration des lois éternelles.

L’art aborigène contemporain surgit au début des années 70 à la faveur du grand mouvement d’émancipation des peuples autochtones australiens, meurtris par la colonisation et longtemps mis au banc de la société. Des hommes comme des femmes fixent alors sur bois et sur toile les motifs auparavant tracés sur le sable, le corps, les parois rocheuses et l’écorce d’eucalyptus. Le mouvement n’a depuis cessé d’évoluer, laissant de plus en plus la place à l’expression singulière d’artistes qui se sont imposés sur la scène internationale. Toujours fidèles au Temps du rêve, ils en perpétuent l’esprit et n’hésitent pas à questionner frontalement la civilisation moderne, à l’image de Jonathan Kumintjara (1960-1997), dont les toiles évoquent les essais nucléaires réalisés dans le désert australien.

L’exposition “Pigments” offre un regard sur trois grands courants actuels de l’art aborigène, celui du Kimberley, celui des îles Tiwi et celui de la terre d’Arnhem. Alors qu’ailleurs l’utilisation de la peinture acrylique s’est largement répandue, les artistes de ces territoires continuent d’utiliser presqu’exclusivement les pigments naturels traditionnels.

Aborigène Galerie a été créée en 1999 par deux frères, Nicolas et Pierre Andrin. Depuis près de 20 ans, au fil de nombreux voyages dans les différentes communautés aborigènes, ils ont noué des relations privilégiées avec les grands artistes d’aujourd’hui, qui les ont initiés aux croyances de leur peuple ainsi qu’au language des signes magiques et sacrés de leurs œuvres.
Experts internationaux, commissaires d’expositions, ils ont participé à une dizaine d’ouvrages, à des films et à l’organisation de nombreuses expositions en France, comme en Belgique, en Allemagne ou en Suisse.

Aborigène Galerie adhère à la charte australienne “The Indigenous Art Code”, qui garantit une démarche éthique et équitable. Nouvellement implantée à Saint Germain des Près, au 46 rue de Seine, Aborigène Galerie est également présente 70 passage de Choiseul, dans le 2e arrondissement.



Gros crocodile

Gros crocodile

Sally Gabori
211 x 91 cm

Sans titre

Sans titre

Maryanne Mungatop
51 x 70 cm, 1996

Jalala, l’esprit de la tempête

Jalala, l’esprit de la tempête

Jack Dale
215 x 71 cm

Le rêve du feu

Le rêve du feu

Edward Taiita Blitner
202 x 151 cm

Barramundi

Barramundi

John Mawurndjul
135 x 61 cm, 1990

Sans titre

Sans titre

Paddy Nyunkuny Bedford
51x76 cm, 2003